Autour d'un titre clair, Trois fois trois vers, quelques césures, le rythme formel du haïku, pour suggérer ce qu'une longue tradition japonaise qui n'est pas la nôtre sait dire en trois lignes et mille règles, pour suggérer aussi d'intimes convictions...

«Pour Diane Descôteaux, le haïku poésie dépouillée d'apparence, tire la puissance de son éloquence dans la sobriété d'expression, dans le choix des mots, limités dans l'espace mais ô combien illimités de sens, et dans la justesse de l'évocation qui se passe volontiers de paroles vaines et superflues. Il se suffit à lui-même en offrant de nouvelles perspectives au lecteur qui, désormais, participe au poème : il sent des choses, au toucher comme à l'odorat, il les entend, il les voit avec sa vision personnelle et non plus avec celle que l'auteur voudrait imposer par la somme des mots inscrits sur la page et des images projetées

Jean-Pierre HANNIET


Extraits du recueil

PRINTEMPS

avril en écharpe

des rêves de bronze et d'or

du vent plein sa harpe

curieux manège

qu'avril sens dessus dessous

pleuve de la neige...

dans l'arbre fleuri

autour de la même table

mouche et colibri

 

ÉTÉ

 

robe en cotonnade

collée au corps et grand'soif

d'une citronnade

homme et bête et bois

que le soleil stigmatise

vous restez sans voix

aucun camouflage:

que des cambrures de chair

bronzant sur la plage

 

 

AUTOMNE

l'été pique un fard

et tout se terre ou s'envole

hormis le cafard

l'été, c'est l'ivresse

et, l'automne, un lendemain

de folle kermesse...

sur un fond d'automne

l'été sourit en gros plan -      

mouches à la tonne

 

                  

                                                                                                                                                                          HIVER

décembre poudroie

sous les flocons hyalins

qu'aquilon charroie

froide nuit d'hiver

craquements secs dans les combles

des vieux clous de fer

tempête du Nord -

on n'y voit ni ciel ni terre

le vent griffe et mord