Poète classique québécoise, auteur de neuf recueils, lauréate d'une centaine de prix et mentions littéraires en Italie, en France, en Belgique et au Québec, dont le prix de la ville de Drummondville en 1996, le prix Lionel-Groulx de la société Saint-Jean-Baptiste du Centre du Québec en 1998, récipiendaire du prix de l'édition de la fondation Blanchard à Dijon, en France en 2000, et du prix régional à la création littéraire francophone du Centre-du-Québec en 2004, Diane Descôteaux ne vit que pour sa famille et la poésie.

Claude HAMELIN

...Car l'humanité veille à sa pérennité.

Naître, vivre et mourir... Voilà la trinité!

Et, que l'on soit sujet ou prince de royaumes,

Nul ne peut se soustraire à ces trois axiomes!

Or il en est ainsi depuis la nuit des temps:

L'aube naît de l'aurore et l'été du printemps

Et, sans jamais jamais faillir à ces rêgles constantes,

Le recommencement des choses existantes

Se prolonge au-delà de notre entendement,

De la pure logique et de tout fondement.

Ainsi passe la vie, ainsi tourne la roue

Et la corde où l'on marche, à la mort se dénoue...

 

Extrait du poème « À propos de l'enfance...»

 

Extraits du recueil

 

                                                                                                                 

DE MENUS ESCARPINS

 

 Dans les plis de l'azur glisse un pan de lumière

Et sa chair endormie, à la lueur première,

S'empourpre de soleil;

Puis dans chaque lézarde, aux murs de la chaumière,

S'étire mollement une rose trémière

Au sortir du sommeil.

 

Sur un lit de galets, sous l'ombreuse ramure,

La rivière, en sa course, émet un doux murmure

De sa voix de cristal

Et, quand le feu du jour disperse un peu de brume,

On voit danser sur l'onde, au travers de l'écume,

Des reflets de métal.

 

Fragrances et parfums de la mousse laineuse

Se mêlent à l'odeur piquante et résineuse

Des genêts et des pins;

Puis de son pas discret, bientôt l'aube s'efface

Et nous laisse, en chemin, une légère trace

De menus escarpins...

 

2e prix de poésie classique au 3e concours international de Poésie Vivante en Pays Voconce (France) 1993

 

                                                                                                                                       

LES TALENTS DE VIRGILE

        

 

Madame, quel honneur d'être intime avec vous!

Car vous domptez au mieux une rime indocile

Et refusez d'user d'un verbe trop facile

En laissant couler l'encre au gré de ses remous.

 

Puis, le soir, quand je lis vos vers charmants et doux,

Lors je vous reconnais les talents de Virgile

Et des auteurs fameux qui, de leur plume agile,

Vinrent marquer l'histoire et firent maints jaloux.

 

Dame vous présentez, défiant les époques,

Aux grands hommes d'hier, des vertus réciproques!

Alors, quand je reçois votre avis bienfaiteur,

 

Je m'en trouve flattée et combien redevable;

Enfin si mon élan vous semble prometteur,

Or la gloire vous n'est certes qu'attribuable...

Sonnet dédié à Mme Gilberte L. Gilbert

 

                                                                                                             

UNE PAGE DE PLUS À MON CONTE DE FÉE

 

Des coursiers vaporeux galopent dans l'azur

Que le soleil chevauche avec ses feux en croupe

Enluminant, le soir, les flancs de cette troupe,

De moire violette et d'un doux clair-obscur.

 

Lorsque la nuit repeint ses ombres sur le mur,

La lune aux rais d'argent, sur l'oreiller, découpe

Trois visages nimbés d'une légère houppe

Que j'écarte du doigt pour baiser un front pur.

 

Penchée à vos chevets, fillettes, je regarde

Vos corps lourds de sommeil, pendant que Dieu vous garde,

Et vous me rappelez la Belle au Bois dormant.

 

Quand, au pays du songe où vous berce Morphée,

Sur vos lèvres se forme un sourire charmant,

Une page s'ajoute à mon conte de fée...

 

 

Sonnet dédié à Geneviève, Karine, Marlène

Grand prix Robert Jolly au concours poétique de la Société des Poètes et Artistes de France - 1998